Le Cambridge Audio AX-R100D n’est pas une nouveauté, et c’est précisément pour cela qu’il mérite toute votre attention aujourd’hui. Dans un marché obsédé par le « dernier cri », certains appareils s’imposent tranquillement comme des valeurs refuges, des classiques instantanés qui traversent les saisons sans prendre une ride. Chez La Belle Écoute, nous avons un véritable attachement pour ce « receiver » qui promet l’impossible équation : puissance, polyvalence et tarif contenu. Mais derrière sa fiche technique alléchante, que vaut-il vraiment une fois les enceintes branchées ? Est-il la porte d’entrée idéale vers la haute-fidélité ? Analyse détaillée d’un best-seller qui a fait ses preuves.
Présentation Générale : L’esprit « Receiver » moderne
Cambridge Audio est une maison qui n’a plus besoin d’introduction. Avec la gamme AX, le constructeur britannique vise un objectif clair : offrir un rapport performance/prix imbattable. Le modèle qui nous intéresse ici, le AX-R100D, se positionne comme le chef de file de cette série.
Il ne s’agit pas d’un simple amplificateur, mais d’un véritable « couteau suisse » de l’audio, ou ce que les anglo-saxons appellent un Receiver. Sa vocation est de centraliser toutes vos sources, du vinyle au streaming Bluetooth, tout en offrant une réserve de puissance confortable pour piloter une vaste gamme d’enceintes. C’est une machine pensée pour ceux qui veulent construire un premier système sérieux sans multiplier les boîtiers ni exploser le budget.

Caractéristiques et Design
Finition et Ergonomie : Des choix pragmatiques
Soyons honnêtes dès le départ : pour proposer un tel appareil sous la barre des 650 €, des concessions sont nécessaires. L’appareil, disponible uniquement en finition « Gris Titane », présente une esthétique sobre, voire austère. Le châssis en tôle apparaît un peu fin et la façade avant est réalisée en plastique, tout comme le bouton de volume dont le toucher peut sembler un peu léger.
Cependant, ne vous y trompez pas : avec ses 8 kg sur la balance, ce n’est pas un jouet. Ce poids rassurant trahit la présence de composants internes sérieux. De plus, Cambridge a eu une idée de génie concernant l’ergonomie arrière : les sérigraphies indiquant les noms des entrées et sorties sont imprimées à l’endroit ET à l’envers. Cela semble anecdotique, mais lorsque vous vous penchez par-dessus votre meuble pour effectuer un branchement, cette petite attention vous change la vie. C’est ce genre de détail « utilisateur » que nous apprécions particulièrement.
Au cœur de la technique
La fiche technique est le véritable point fort de cet intégré. Le chiffre « 100 » dans sa référence n’est pas là pour faire joli : il délivre 2 x 100 Watts sous 8 Ohms. Si la puissance sous 4 Ohms n’est pas officiellement communiquée, l’imposant transformateur toroïdal visible à travers la grille suggère une capacité en courant très solide, probablement proche des 200 Watts. C’est du costaud.
Côté connectique et fonctionnalités, c’est un festival :
- Numérique : Un convertisseur (DAC) intégré avec 2 entrées optiques (parfait pour la TV) et 1 coaxiale (idéal pour un lecteur CD).
- Sans-fil : Un récepteur Bluetooth compatible aptX pour une qualité streaming supérieure.
- Radio : Un double tuner FM et DAB+ (radio numérique) pour capter vos stations sans grésillements.
- Analogique : 3 entrées ligne RCA, une entrée Phono MM, une sortie Rec Out et une sortie Subwoofer (filtrée).
Notez la présence de borniers pour deux paires d’enceintes (A et B). Un conseil d’ami : évitez de faire fonctionner deux paires simultanément. Utilisez cette fonction plutôt pour alterner entre deux zones d’écoute ou pour du bi-câblage.
Analyse des performances : L’Écoute
Passons à l’essentiel : la musique. Sur le papier, un rapport signal/bruit de 82 dB peut sembler modeste aux yeux des puristes des chiffres. Mais à l’écoute, cette donnée s’efface totalement au profit d’une expérience musicale vivante.
Là où beaucoup d’amplificateurs d’entrée de gamme tentent de séduire l’auditeur en « trichant » — souvent en poussant les fréquences aiguës pour donner une illusion de détails — le Cambridge Audio AX-R100D choisit la voie de l’honnêteté. Sa signature sonore est belle, assez droite et remarquablement dépourvue de coloration excessive. C’est une qualité rare à ce niveau de prix.
La puissance annoncée n’est pas qu’un argument marketing ; elle se ressent physiquement. L’alimentation généreuse permet de tenir les haut-parleurs avec autorité. Le grave est bien géré, tendu, et l’ampli ne s’essouffle pas lorsqu’il s’agit de bouger les membranes de petites enceintes bibliothèques gourmandes. Cette réserve de courant offre une dynamique réjouissante qui donne vie aux enregistrements sans jamais devenir agressive.
Que ce soit sur du rock nécessitant de l’impact ou sur des pistes vocales demandant de la nuance, le AX-R100D fait preuve d’une maturité étonnante. Il ne cherche pas à en faire trop, il joue juste. C’est irréprochable pour le budget.
Ce que l’on a aimé / Moins aimé
Les Points Forts
- Le rapport Prix / Performance : À 649 €, il est difficile de trouver un concurrent offrant autant de puissance et de musicalité.
- L’alimentation solide : Les 100 Watts sont bien réels et permettent d’alimenter une vaste majorité d’enceintes.
- La polyvalence extrême : Tuner DAB+, Bluetooth aptX, DAC, Phono… il se suffit à lui-même.
- L’astuce ergonomique : Les écritures inversées au dos de l’appareil facilitent grandement les branchements.
Les Points Faibles
- L’ergonomie de façade : La gestion des sources est parfois confuse. Le partage du même bouton pour le Bluetooth et l’entrée Phono est un choix étrange (l’appareil cherche à s’appairer et retarde l’accès au vinyle).
- L’entrée Phono : Bien que présente, elle reste basique. Les vrais passionnés de vinyle gagneront à utiliser un préampli externe.
- La finition « éco » : Plastiques et tôle fine sont le prix à payer pour cette électronique de qualité.

L’avis de La Belle Écoute
Pour synthétiser notre pensée, le Cambridge Audio AX-R100D est une réussite totale dans son segment. C’est une machine sérieuse, capable et musicale, qui démocratise l’accès à la véritable haute-fidélité. Il prouve qu’il n’est pas nécessaire de dépenser des fortunes pour obtenir une amplification qui a du « coffre » et de la justesse.
C’est l’ampli idéal pour débuter : vous commencez avec votre téléphone en Bluetooth, vous branchez votre TV en optique, et le jour où vous voulez aller plus loin, sa puissance vous permet de monter en gamme côté enceintes sans devoir changer d’électronique immédiatement. Une valeur sûre, tout simplement.
Conseils d’association
Grâce à sa belle réserve de courant, cet ampli est moins capricieux que ses rivaux. Cependant, pour en tirer la quintessence, nous recommandons particulièrement les mariages avec la marque britannique Acoustic Energy. L’association avec les bibliothèques AE100 est délicieuse pour les petits espaces, tandis que les colonnes AE320 profiteront pleinement de la puissance du Cambridge Audio AX-R100D.
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