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Davis Nikita 3.0 : la perfection ?

Présentation

Ce jeudi 22 Novembre, nous avons organisé avec Davis une écoute de la Nikita 3.0, un des deux modèles majeurs du constructeur, avec la Karla 2.0. Nous avons passé plusieurs heures en compagnie de Vivien et de ces fameuses Nikita 3.0.

La Nikita, cela fait un moment qu’elle fait parler d’elle… nous avons donc affaire à la troisième version de cette enceinte d’ores et déjà mythique, qui ont conservé leur typique medium en kevlar de 21cm (le 20TK8) ainsi que l’allure générale de la caisse, toujours aussi imposante mais qui ne manque pas pour autant d’élégance. Le twitter en revanche est une nouveauté, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que du modèle à double décompression qui équipe avec bonheur la gamme Courbet du même constructeur.

Pour compléter rapidement ces quelques aspects techniques, précisons que pour des bibliothèques, il s’agit tout de même de beaux bébés de 19kg chacune, qui en outre sont juchées sur des pieds – réalisés spécifiquement pour et fournis avec – qui, sans en avoir l’air, dépassent une fois sablés les 40kg ! Autrement dit, bien qu’il ne s’agisse pas là d’une paire de colonnes, leur masse totale et nettement supérieure à ce qu’opposent la quasi totalité des colonnes de tarif équivalent, et ceci n’est pas un détail, nous en reparlerons.

Le système de test

Pour faire chanter les Nikita, nous avons choisi de les marier à ce que nous avions de plus performant à notre disposition, à savoir :

  • le préampli/streamer Moon Néo 390 
  • l’ampli de puissance Moon Néo 330A
  • le transport CD Moon Néo 260DT
  • la platine UltraDeck+ de Mobile Fidelity
  • des câbles Audioquest à tous les niveaux :
    • barette secteur Niagara 1000 alimentée par un Thunder
    • alimentation NRG-Y3 pour tous les appareils
    • modulation Earth en XLR pour connecter le préampli et l’ampli
    • modulation phono Cougar pour la platine vinyle

Rien que ça ! Nous tenions en effet à ce que cette écoute se fasse dans les meilleures conditions, et surtout nous étions particulièrement curieux d’extraire des Nikita le maximum de ce qu’elles étaient en mesure de nous donner. Mais par rapport à cette question du système requis, nous vous réservons une petite surprise dans la conclusion…

La session d’écoute

A la Belle Ecoute, nous disposons depuis un moment d’une playlist sur Qobuz d’une vingtaine de morceaux que nous connaissons particulièrement bien, et qui sont suffisamment variés pour nous permettre de nous faire une idée assez rapide de ce qu’un système a à nous offrir. Les Nikita ont naturellement été soumises à cette sélection.

Dire qu’elles s’en sont sorties avec un brio inconnu jusqu’alors tuerait le suspens, mais tant pis, je n’y tiens plus 🙂 Nous avons littéralement redécouvert la quasi totalité des morceaux de notre playlist, tant les Nikita ont relevé le défi avec une aisance déconcertante.

Voici quelques exemples de retours issus de cette session :

Alela Diane – Of Many Colors (Alela Diane & Wild Divine)

Ce morceau de la (merveilleuse) chanteuse folk Alela Diane démarre avec la longue résonance du son d’une cloche frappée avec ce qui est probablement un maillet. Ce son a été reproduit par les Nikita avec un tel réalisme qu’il nous a fallut remettre immédiatement la piste au début et la réécouter pour nous assurer que nous n’avions pas rêvé.

Vient ensuite la voix si particulière d’Alela Diane : tout à la fois d’une rare pureté et en même temps puissante et claire. Les Nikita ont servi cette voix magnifiquement, en rendant chaque nuance de sa tessiture complexe, en lui offrant une grande lisibilité sans la couper totalement de la musique non plus. Une prouesse.

Pour ce qui est des instruments, de la même façon, toutes les nuances tant des cordes que des percussions sont rendues avec tant de naturel qu’on cesse bien vite de prêter attention à chacun pour être envahi par l’ensemble !

R.E.M. – Belong (Out of Time 25th birthday)

L’introduction de ce morceau très produit fait intervenir notamment un gros riff de basse, dont la lourdeur des cordes était ici parfaitement palpable, et contribuait à renforcer l’atmosphère étrange qui se dégage de ce titre, entre l’oppression de la basse justement, de la voix inhabituellement monocorde de Michael Stipe qui s’adresse à nous comme depuis un parloir, et de l’autre côté, des choeurs de vocalises très légers, presque kitsch ! Lesquelles voix, il faut le redire, étaient là-encore rendues à la perfection.

Tobias Hume – Harke, Harke (Musical Humors par Jordi Savall)

Dans cette courte pièce pour viole de gambe solo, nous avons été stupéfait de ressentir la vibration de la caisse même de l’instrument, offrant à la restitution des notes une longueur incroyable, se rapprochant au plus qu’il nous ait été donné d’entendre de l’instrument lui-même.

Pergolesi – Stabat Mater (Sonya Yoncheva et Karine Deshayes, accompagnées par l’ensemble Amarillis)

Le Stabat Mater est un « tube » incomparable en terme de musique ancienne. Ce texte écrit au 13ème siècle a été mis en musique par des dizaines de compositeurs depuis le Moyen-Age. Parmi les plus célèbres, citons Vivaldi, Verdi, Dvorak ou encore, plus récemment,  Francis Poulenc. Et bien sûr, Pergolesi.

Quelle que soit la version que vous écoutez, vous serez toujours frappé par la grande émotion qui se dégage de cette oeuvre. Et cette émotion est, dans notre version de référence, renforcée par les voix surnaturelles de la soprano Sonya Yoncheva et de la mezzo-soprano Karine Deshayes.

Et pour que ces voix si hautes vous touchent sans devenir acides, et même à volume soutenu, les Nikita sont hors-classe tant leur aigu peut filer, s’envoler même, sans jamais à aucun moment devenir agressif. 

Si bien sûr aucun système ne saurait restituer avec autant d’intensité l’émotion que peut procurer l’écoute d’une telle oeuvre exécutée sur scène, il faut bien admettre que durant cette écoute, les larmes n’étaient pas bien loin !

Break Away – Scratch Massive (Nuit de rêve)

Le duo parisien d’electro Scratch Massive est coutumier des productions particulièrement réussies. Sans s’attarder plus longtemps sur ce par ailleurs excellent album, nous l’avons retenu dans ce compte-rendu juste pour vous informer que le prochain qui me dira qu’une bibliothèque ne peut jamais rivaliser avec une colonne de gamme équivalente en terme de grave, je lui fais écouter Break Away en boucle sur les Nikita jusqu’à ce qu’il abjure !

En effet, le grave développé par les Nikita se montre sur ce morceau d’une présence et d’une rapidité tout bonnement sidérantes. La maîtrise de la course du haut-parleur est totale, ça descend très bas sans nuire à la lisibilité du reste des fréquences, et ça ne traîne pas une micro seconde !

Et devinez quoi ? C’est ici qu’intervient la masse totale de l’enceinte, et notamment celle du pied : sans lestage, le grave perd un peu en force et en précision. A l’inverse, plus vous les remplirez de sable (ou de quartz), au minimum à 80%, plus et mieux vos Nikita s’exprimeront dans le registre des graves.

Conclusion

J’aurais pu continuer longtemps à vous reporter nos écoutes, celles de la playlist mais aussi celles des dizaines d’autres morceaux que nous avons écoutés tout au long de la journée.

Mais à quoi bon ? Si à ce stade vous n’avez pas lu entre les lignes ce que l’on pensait des Nikita, c’est qu’il est temps d’être explicite, et de répondre à la question que pose le titre de cet article :

Alors, la Nikita est-elle parfaite ? Tout bien considéré, je dirais que oui, elle est aussi parfaite qu’une enceinte puisse l’être : aucun défaut, même mineur, n’a pu être révélé par cette longue écoute. Jusqu’à son prix, qui tout en étant relativement élevé (6500 € pieds inclus), est ridiculement bas par rapport à tant d’autres produits qui sont pourtant loin de rivaliser en terme de plaisir d’écoute et d’émotions ressenties.

Et pour enfoncer le clou, je dois ajouter qu’en plus de toutes ces déjà nombreuses qualités, la Nikita 3 est une enceinte relativement facile, qui a bien voulu nous dévoiler l’essentiels de ses charmes sur une électronique plus modeste, puisque nous les avons également écoutées sur un IN200 Signature d’Atoll, ampli intégré à 1600 € à comparer aux près de 10k€ de l’ensemble Moon, et si bien sûr nous y avons perdu quelque peu en qualité d’écoute, il est remarquable qu’une enceinte de ce calibre se laisse apprivoiser par une électronique a priori de gamme sensiblement inférieure tout en continuant de procurer beaucoup de plaisir.

Cette enceinte nous a offert une écoute absolument unique, au point qu’il nous manque les mots pour décrire ce que nous avons réellement ressenti :  je dirais pour finir que la Nikita 3.0 est tout simplement fabulastique et totalement fantasculaire !

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