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Le rôle du préampli phono

Le signal électrique produit par la friction du diamant sur les sillons d’un vinyles est extrêmement faible : selon les cellules il peut aller d’environ 0,1 mV à 6 mV. Le niveau d’entrée classique (entrées « lignes », telles que CD, Tuner, Aux, etc.) est de … 150 mV. Autrement dit, le signal produit par une cellule est bien trop faible pour être amplifié tel quel.

C’est pourquoi, si l’on connecte une platine vinyle (non préamplifiée, s’entend) à une entrée ligne, le son reproduit sera très faible, même si l’on monte le volume au maximum. Voici donc le premier rôle du préampli phono : relever le niveau de sortie de la cellule de quelques millivolts jusqu’à environ 150 mV. Toutefois, amplifier le signal n’est pas suffisant pour reproduire correctement un vinyle. Dans notre exemple de platine connectée à une entrée ligne sans préamplification, on observera également que le son reproduit sera dépourvu des fréquences les plus graves, et exagérément riche en fréquences aigus.

Ceci s’explique par une impossibilité technique à graver les fréquences composant la musique directement sur le vinyle.  Pour pallier cette problématique, l’industrie du disque aux Etats-Unis, en 1955, a défini un procédé standard d’équalisation qu’il convient d’appliquer au signal avant gravure pour garantir la fiabilité des dispositifs de lecture (sans cette équalisation, il était impossible de graver des sillons de largeur constante). Depuis lors, ce procédé a été adopté quasi universellement pour la gravure des disques vinyles.

En conséquence, au moment de la lecture d’un disque vinyle, il est nécessaire de corriger cette courbe d’équalisation, appelée depuis courbe « RIAA » en référence au  syndicat du disque états-unien qui en est à l’origine. Et voilà qui nous amène au second rôle, essentiel, du préampli phono : appliquer au signal une courbe d’équalisation inverse de celle appliquée au moment de la gravure afin de retrouver l’équilibre tonal de l’enregistrement d’origine.

Ces tâches, le préampli phono doit les effectuer en travaillant sur un signal, nous l’avons dit précédemment, de très faible intensité, de sorte que la marge d’erreur est extrêmement mince : la moindre altération de ce signal aura pour effet de détériorer considérablement le rendu une fois le signal amplifié en vue de sa reproduction par les haut-parleurs (de la même façon qu’une loupe peut révéler sur un matériau des défauts invisibles à l’oeil nu).

Vous savez maintenant pour quoi cet élément de la chaîne hifi qu’est le préampli phono est tellement déterminant dans la restitution d’un disque vinyle, et pourquoi il convient de ne pas le négliger si l’on souhaite obtenir un rendu le plus naturel et le plus proche de l’enregistrement d’origine possible.

Qu’il soit intégré à la platine (le plus souvent dans les modèles entrée de gamme), au préampli ou à l’ampli intégré (entrée en général appelée « phono ») ou un élément autonome de la chaîne, le préampli phono est indispensable pour lire des vinyles, et il sera déterminant dans les performances générales de cette lecture.

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