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Lecteurs réseau Emerson de Wattson

Matériel HiFi - Spécialiste Vinyle

Lecteurs réseau Emerson de Wattson

Wattson est un tout jeune constructeur suisse spécialisé pour le moment dans la lecture réseau. Les deux premiers modèles de la gamme sont actuellement en test à la Belle Ecoute, et le moins que l’on puisse dire c’est que nos premières impressions sont très enthousiastes !

Wattson Audio

Wattson est une émanation d’Engineered SA, qui conçoit et produit depuis 2005 des modules audio et réseau à destination d’autres constructeurs, qui embarquent leur technologie. Engineered ne propose donc pas de produits finis pour le grand public.

C’est là que Wattson Audio entre en scène, depuis cette année 2020 : les technologies développées par Engineered sont désormais intégrées par le constructeur lui-même au travers de sa nouvelle filiale. N’oublions pas d’ailleurs de souligner que les deux entreprises sont situées en Suisse romande, et que c’est sur place que son construits et assemblés les produits de la marque ! Les rares sous-traitants intervenant dans la fabrication des produits étant eux-aussi localisés dans les alentours quasi immédiats.

Pour être honnête, nous nous intéressons assez rarement à ce genre de considérations lorsqu’il est question de vous reporter nos impressions d’écoute d’un produit. Mais en la circonstance, il nous a semblé intéressant de souligner que Wattson, au travers d’Engineered, est un véritable fabricant de circuit de lecture réseau, et non pas un assembleur, comme peuvent l’être beaucoup d’autres. Ceci nous semble un gage de maîtrise totale tant de l’électronique que de la partie logicielle des produits.

Emerson

Les produits qui nous intéressent donc aujourd’hui sont les deux premiers lecteurs réseau proposés par la marque. Ces lecteurs sont aussi originaux dans leur conception que dans leur présentation :

Lecteurs réseau Emerson Digital et Analog par Wattson Audio

Comme vous pouvez le constater, il s’agit de chassis particulièrement compacts, et ne présentant strictement aucun contrôle (pas d’interrupteur, pas d’écran, tout juste une discrète LED pour indiquer le statut de la connexion réseau).

Autre originalité de l’Emerson, il est proposé en deux versions : l’Emerson Analog offrant une sortie exclusivement analogique au format RCA et l’Emerson Digital, qui lui ne dispose que de sorties numériques, aux formats coaxial et AES/EBU. Les deux modèles étant proposés au même prix public de 1499 €, tarif somme toute très raisonnable étant donné la qualité de fabrication et les performances de ces produits. Wattson a d’ailleurs du faire des choix pour contenir au maximum ce prix de vente, comme vous le constaterez à lecture de la suite de cet article.

Et à ce propos, cela peut sembler surprenant de voir que le modèle Digital, qui ne contient donc pas de convertisseur numérique, soit au même prix que son faux-jumeau qui, lui, intègre un DAC. Cette apparente étrangeté n’en est cependant pas réellement une : les sorties numériques que vous trouvez sur la majorité des lecteur réseau intégrant un DAC sont en général de piètre qualité. Wattson a donc fait le choix de vous proposer soit le DAC, soit la sortie numérique, mais dans les deux cas sans compromis sur les performances.

En effet, la difficulté pour réaliser une sortie numérique optimale réside dans le respect de la cadence d’émission du signal. Autrement dit, dans la précision de l’horloge. Et pour ce qui concerne les horloges, on pouvait faire confiance à nos amis Suisse 🙂

Mise en oeuvre

Qu’il s’agisse de l’une ou l’autre des version de l’Emerson, il vous faudra disposer d’une connexion filaire (RJ45) pour connecter l’appareil, puisqu’ils n’embarquent pas de module Wifi. Ce qui n’est sans doute pas plus mal, car cela permet une fois encore de compresser le coût de production, et donc de vente. Sans oublier que les connexions Wifi sont souvent proscrites sur les lecteurs réseau de cette qualité, auxquelles on préférera systématiquement la connexion filaire. Alors autant ne pas payer pour une fonctionnalité que l’on n’utilisera probablement pas…

Ceci étant, toutes les installations ne permettent pas aisément de connecter un tel appareil à l’aide d’un câble réseau. Dans ce cas, il reste tout à fait possible de se procurer un relais Wifi disposant d’une sortie Ethernet pour relier son Emerson.

L’absence de Wifi sur ces lecteurs présente en outre un point positif : cela facilite considérablement la configuration réseau, puisqu’il n’y en as tout simplement pas à faire, du moins sur une installation réseau domestique standard (type “box” internet dans sa configuration par défaut) : il suffit de connecter le câble RJ45, et l’appareil sera détectée par son application.

Niveau applicatif, Wattson a publié une très bonne application de contrôle sur l’AppStore iOS, qui sera prochainement portée sur Android. En attendant, pas de panique, il est parfaitement possible de contrôler les appareils à l’aide d’applications génériques telles que Bubble UPnP ou mConnect. Et, cerise sur le gâteau, les Emerson sont en cours de certification Roon, ce qui permettra de les contrôler à l’aide de cette plateforme dont , décidément, il va falloir que je vous parle !

L’application Wattson Audio pour iOS

L’application native s’avère assez conviviale, rapide et stable. Les intégrations de Qobuz et Tidal sont parfaitement réussies, et les informations sur les fichiers claires et nombreuses. On apprécie aussi tout particulièrement la possibilité d’afficher, lors de la lecture de fichiers provenant de Qobuz par exemple, la liste complète du personnel à l’oeuvre sur le morceau en cours d’écoute. Quand aux radios internet, fournies par l’intégration de TuneIn, il n’y a rien de particulier à signaler : cette intégration est conforme

Bref, rien que de très classique, mais plutôt bien réalisé, et assurément dans le haut du panier des applications de ce type.

Impressions d’écoute

Emerson Analog

Nous voilà arrivés à la partie sans doute la plus intéressante de ce retour : le son ! Ou plutôt devrais-je dire : la musique ! Car en effet, c’est ce qui frappe immédiatement à l’écoute : l’Emerson Analog distille de la musique, et le fait si bien qu’on oublie quasi instantanément de chercher le petite bête dans la restitution.

Les voix sont tout à fait remarquables d’incarnation et de présence, d’une grande lisibilité sans toutefois être comme séparées de la musique. De manière générale d’ailleurs, la lisibilité de ce petit Emerson est vraiment étonnante, ceci grâce notamment à un niveau de détail rare, combiné à une longueur de note à-même d’éviter l’écueil d’une restitution trop analytique, comme cela arrive parfois sur des sources très détaillées mais trop courtes.

Une dernière mention spéciale pour le grave, particulièrement bien articulé, révélant avec beaucoup de réalisme les lignes de basse, et permettant au système de bien équilibrer la restitution et de construire une scène large et riche de matière.

Emerson Digital

La version “transport” de l’Emerson présente, comme indiqué un peu plus haut, l’intérêt majeur de produire un signal numérique en sortie particulièrement “propre”, ne souffrant que de très peu de gigue (jitter) de sorte qu’il garantira de tirer le meilleur parti d’un convertisseur numérique-analogique de bon, voire très bon, niveau.

Il y a donc encore moins à dire sur cet appareil, puisque le gros de la signature de l’écoute sera plus de la responsabilité du DAC que l’on alimentera avec l’Emerson plutôt que de son ressort à lui. Mais une chose est très claire cependant : ce que pourra faire le DAC sera très dépendant de ce que le transport lui fournira en terme de signal audio-numérique, et en la matière, l’Emerson Digital est irréprochable.

Si on devait retenir quand même une limitation à cette version totalement numérique de l’Emerson, c’est que sa sortie est limitée à 24 bit/192 khz alors que la version analogique supporte les signaux PCM jusqu’à 24 bit et 384 kHz, ainsi que le DSD64. Limitation toute relative, car le format 24/192 est le maximum de qui peut être transporté en PCM selon la norme SPDIF. Pour fournir un signal en DSD, il aurait fallu que l’appareil dispose d’une sortie USB, or cette option n’a pas été jugée pertinente par le constructeur, toujours dans l’optique de maintenir un prix public serré.

Conclusion

Comme souvent, lorsque l’on prend le temps de vous présenter un produit, c’est parce que celui-ci nous a particulièrement touchés, intéressés, charmés. Les deux Emerson sont sans aucun doute de cette nature d’appareils, qui sont comme une évidence à l’écoute. On ne se pose pas de question, on écoute la musique et on oublie au mieux le système qui est en train de la produire.

C’est pour cette raison que l’on ne s’attarde pas beaucoup sur la dimension “objective” (notez les guillemets) des compte-rendus que nous faisons des produits que nous testons : le ressenti à l’écoute est tellement subjectif que tout ce dont on peut sérieusement témoigner, c’est du plaisir que nous avons pris à l’écoute. Après, pour le reste, nous vous invitons à venir constater par vous-mêmes les performances incroyables de ces lecteurs réseau pas comme les autres !

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